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Marsupilami

Aujourd’hui, à l’aube de mes 30 ans, je n’ai jamais été aussi malheureux de ma vie. Après une vie amoureuse plus que tumultueuse, j’ai, je ne sais comment, vécu la véritable expérience du couple, de l’amour fusionnel et inconditionnel. Il semble malheureusement que de nos jours, le prix à payer pour ce genre d’histoires soit une fin tragique, des déchirements, des pleurs, pertes et fracas. Paradoxalement, je pense que cette relation a été détruite par ce que j’essaie de fuir à tout prix : mon passé amoureux composé de relations d’un soir et d’amourettes de week end sans profondeur remplacées dés le moindre essoufflement. J’étais lassé de ne créer des liens que charnels, mais je n’étais pas prêt à assumer une relation plus forte.

J’ai grandi dans une famille naturiste. Mes parents se sont rencontrés sur une plage, se sont ouverts aux joies de la nudité ensemble, et depuis ce jour, n’ont que rarement quitté le bord de mer. C’est tout naturellement qu’ils nous y ont élevés, ma sœur et moi, avec le moins de tissus possibles. Dans mes meilleurs souvenirs d’enfance, je ne porte pas de vêtements ; les photos de famille les plus spontanées se sont faites dans le plus simple appareil. Tout cela, c’est à mon père qu’on le devait, cet éternel esprit décontracté et proche de la nature. C’est au contact des autres que j’ai compris que mon rapport à la nudité était plutôt rare. Il n’a jamais s’agit de quelque chose de vaguement sexuel pour moi. J’ai, depuis mon adolescence, vécu une sexualité qui s’est avérée totalement décomplexée et immensément riche, et il en va de même, d’après ce que j’en sais, pour ma sœur. Moi comme elle accumulons un nombre de conquêtes vertigineux, surtout grâce à une confiance et une assurance physique à toute épreuve : il ne faut pas se méprendre, il ne s’agit pas de prétention, mais plus d’acceptation totale de son aspect physique.

Il faut avouer que la génétique a beaucoup aidé : nos parents étaient beaux, en forme et particulièrement séduisants. L’un comme l’autre dégageaient une assurance et un charisme qui encore aujourd’hui leur donnent les plus grandes facilités pour ce qui est de nouer des liens affectifs. Ma mère est encore capable, malgré ses 58 ans, de séduire un jeune homme sans efforts, et mon père peut lui aussi sans aucun soucis intriguer la gent féminine par son charme d’ours virile.
Je n’ai peut être pas hérité d’une mâchoire aussi masculine que celle de mon père, mais je suis grand, carré sans être musclé, et mes traits sont plutôt fins (bien que je sois loin d’être mannequin). J’ai en revanche hérité de sa pilosité, qui sans être invasive, me donne un torse virile lorsque je prends la peine de faire du sport. Dans l’ensemble, la puberté avait été généreuse avec moi. Aussi subitement que violemment, elle m’a frappé de plein fouet, et en plus d’une pilosité virile, d’une musculature plutôt épaisse et d’un visage adulte, j’ai été affublé d’un sexe que l’on a qualifié de “gargantuesque”. La différence a vite été remarquée, et c’est de la croissance de mon outillage qui semblait à l’époque sans fin, qu’est né le surnom dont m’a affublé ma sœur : Marsupilami.

Evidemment, bien que je ne cache aujourd’hui pas une certaine fierté à l’idée d’exposer mon sexe hors normes à mes conquêtes, il en était tout autrement à l’époque de l’adolescence. Toute la philosophie de mon père et de ma mère était inutile lorsqu’il s’agissait pour moi de manier un tel engin dans l’intimité. J’ai connu une grosse période de perte de confiance, aux alentours de mes 17 ans, après de nombreux refus et de réactions outragées. J’ai bien vite compris que mes mensurations étaient tout à fait exceptionnelles et me poseraient beaucoup de problèmes, mais il n’empêche que pendant quasiment un an, je n’ai connu aucune fille tant ma relation à la nudité avait été mise à mal par la puberté. C’est en partie ma mère qui a désamorcé le problème après une longue discussion. Nous étions très proches, et il existait peu de secrets entre nous. Elle me laissait autant d’intimité que je le souhaitais mais était tout à fait en mesure de m’entendre et de me conseiller, sexuellement parlant. Elle savait à quel point j’avais été gâté, et lorsque j’ai évoqué mes mésaventures sexuelles, j’ai tout de suite vu dans ses yeux qu’elle savait où était le problème. Elle n’a pas mâché ses mots, mais est restée malgré tout très compréhensive et encourageante, et a enclenché un processus d’acceptation – certes long- en proférant la phrase qui m’a permis d’émerger d’un océan de frustration : “avec un sexe de la taille du tien, il faut faire l’amour intelligemment”.
Malgré notre relation décontractée, j’ai refusé d’en entendre plus après qu’elle m’aie suggéré de pratiquer oralement afin de “préparer le terrain”. Je suis doucement retourné au contact des filles, et après quelques tentatives, j’ai finalement rencontré Iris, seconde fille avec qui j’ai fait l’amour, environ un an et demi après ma première fois. Nous sommes restés quelques mois ensemble avant une rupture sèche. Iris était une petite brune aux origines algériennes lointaines et au nez légèrement aquilin. Plutôt fine et peu formée, mais pleine d’assurance et d’optimisme, elle possédait dans mon souvenir un corps agile et ferme. Elle a su surmonter sa peur initiale et, à force de pratiquer de longs préliminaires (au début hésitants), s’est ouverte à moi en m’offrant une relation décisive dans ma vie sexuelle et amoureuse. J’ai reçu de sa part des fellations désastreuses mais pleines de bonnes intentions, et les gémissements de plaisir empreints de douleur que j’ai fini par lui arracher me hantent aujourd’hui encore.

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